Le Gabon, les pleureuses et les chiens rouges

« Cinquième jour, aller jusqu’à Moabi – 500 kilomètres – pour le dernier chapitre, traverser tout le pays sur ces nouvelles routes construites par les ouvriers venus de Chine pour le rapatriement de leur part de bois d’okoumé. Et longer la forêt, rouler en brousse. Arrêt à Lambaréné pour manger un bout de carpe – tous les commerçants, en voyant notre vêtement, le même tissu pour toute la famille, souhaitent les condoléances pour le Vieux. Rouler sans béton au bord de falaises instables et entendre, au loin, au bout du chemin, les veuves, les vieilles mères du village de Moabi. D’abord un son sourd et rythmé de pieds qui cognent le sol. Puis les femmes apparaissent, alignées au bord de la route ; femmes à la peau de cuir argenté, regards fondus de noirs tapant sur deux bâtons de bois. Des chants tatouages, imprimés de voix cousues à la chair de ces femmes, porteuses des enfants comme des lois familiales et de ces vieilles mains qui réparent. Une litanie. »

(Carnet de route paru dans le numéro 5 de BALLAST – M.Mihindou)

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