Avec la revue BALLAST

Portraits réalisés dans le cadre d’entretiens pour la revue Ballast.

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« On ne pourrait pas jouer cette pièce sans avoir une totale confiance dans les autres. Je me fais gifler, je me fais traiter d’arabe, de pute, etc… Je ne pourrais pas me laisser toucher par Eden ou insulter par le père si je ne savais pas que Raphaël [le père d’Eitan, ndla] me donne, au fond, tout autant d’amour… », Souheila Yacoub, 2017

jérémie

« Là où je rejoins Eitan, c’est qu’on ne peut pas se laisser abattre par l’Histoire, même s’il est important de la connaître, de ne pas l’oublier. Il ne faut pas se laisser assommer. » Jérémie Galiana,2017

 

Chamoiseau

Patrick Chamoiseau, 2017

« Les « valeurs » occidentales ont été étendues, imposées, des diversités ont été rayées de la surface de la Terre, d’autres ont été déconstruites, mais toutes, d’une manière ou d’une autre, sont entrées en Relation pour produire du nouveau. Dans ce chaos génésique, l’Occident, malgré son triomphe solitaire, s’est retrouvé lui-même précipité dans la diversité du monde. »

« Je dirais que nos luttes mûrissent, grandissent, produisent de nouvelles idées, font surgir de nouvelles problématiques et de nouveaux terrains sur lesquels nous devons mener notre quête de liberté. »

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Amandine Gay, novembre 2016

« De cet endroit qui n’est lié à aucun des deux mondes, j’ai une fluidité de circulation et la possibilité de m’inventer une identité. Les adopté-e-s ont une diaspora propre, et de nombreux points communs dans leur parcours. »

Hosni

Hosni, 2015

« Ça m’est tombé dessus d’un coup. Beaucoup de gens comprennent pas, ça. D’un coup, j’ai broyé du noir. Et ça peut arriver à n’importe qui ! Même le plus solide. Les premiers temps, tu te dis pas que tu vas rester dans la rue : tu passes ton temps à marcher dehors, t’es bien habillé, encore en forme. Et puis tu plonges, tout doucement. Et là, sept ans, sept ans passés à la rue. »

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Bérangère Kolly, octobre 2015

« Par conséquent, lorsque les sœurs vont se penser « politiques », elles vont pouvoir amener avec elles des problématiques qui étaient jusqu’ici exclues de la politique : l’égalité des sexes, la mixité, la sexualité, l’éducation des enfants, la question de l’institution familiale. »

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Assa Traoré, décembre 2016

« Vous êtes assis dans mon salon. Vous êtes un homme, je suis une femme ; je suis noire, vous êtes blanc : il a fallu des révolutions pour que nous soyons ici ensemble. Le climat en France se dégrade : le racisme s’assume complètement et des jeunes comme mon frère peuvent mourir dans les mains des gendarmes. Il faudra une révolution pour que ça change — et on devra la faire ensemble. »

Virusrap

Vîrus, avril 2017

« Beaucoup ont tendance à vouloir rendre le rap « propre », acceptable, en l’inscrivant dans des espaces bien vus ou en l’associant à des personnalités qui vont avoir sur lui cet effet-là, de le « nettoyer ». Le double-emploi du mot « nettoyer » prend tout son sens : tu le nettoies, tu le tues. Je tiens à ce que ma pratique reste vivante, libre, brise-mondes. »

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Daniel Mermet, juillet 2015

« La colère, c’est un grand vent qui éteint la flamme de l’intelligence. Il faut tenir sur la durée. Tout gamin, j’ai été très influencé et même formé par le grand souffle émancipateur de l’éducation populaire, surtout par le TNP de Jean Vilar. J’adore ce vers d’Aragon : « Avoir été peut-être utile ». Qu’est-ce que les gens font de tout notre travail ? »

« Pour ma génération, militer signifiait sacrifier beaucoup de choses, ne pas sortir du tout-collectif. Un révolutionnaire, ce devrait être le rire, l’amour, la danse, les enfants, le « normal », mais l’idéologie, si on la suivait de trop près, impliquait le sacrifice de tout ça. Aujourd’hui, cette coupure n’a plus de sens. »

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D’ de Kabal, janvier 2016

« Revenir à ce moment où la blessure n’est pas genrée, et rappeler que ce sont des codes, des systèmes de pensée, des mécanismes invisibles qui fabriquent aussi la réponse que chacun y apporte. Il y a des hommes victimes de violences ou d’abus, petits. Je voudrais, grâce à des exercices pédagogiques simples, permettre de s’affranchir de tout ce qu’on a construit depuis lors. Et d’ interroger : que signifient pour toi ces blessures ? Et pourquoi est-ce différent d’être un petit garçon, au nom de quoi ? »

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Mona Chollet, novembre 2015

« Cela reste ingrat pour une femme de s’affirmer comme créatrice […] Énormément de femmes la jouent profil bas, et surtout ne voudront jamais se revendiquer comme féministes, ayant trop peur de bouleverser leur imaginaire érotique et leur rapport aux hommes. C’est perturbant de réaliser que nos fantasmes et nos désirs sont modelés par l’imaginaire dominant, y compris dans ce qu’on croit avoir de plus intime et de plus personnel. »

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Sandra Nkaké, avril 2016

« Je suis carrément une braqueuse de banque ! Le barde et le troubadour créent du lien social et de la magie ; ils créent un espace où les gens échangent et discutent : ce qu’ils proposent est toujours en mouvement. On te demande toujours ce que tu veux faire dans la vie, mais jamais de ce que tu veux être. »

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Marc Ona Essangui, décembre 2016

« Il y a écrit dans la Constitution du Gabon :  « La terre appartient à l’État. » C’est également le cas dans d’autres pays d’Afrique centrale — du Congo au Cameroun. C’est un principe hérité du colon. Cela induit que les présidents ou leurs ministres puissent dire : « C’est moi l’État. » On se retrouve avec des syndicats de prédateurs à la tête des gouvernements ! »

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Vandana Shiva, janvier 2017

« Le colonialisme a commencé comme une guerre, tristement, et l’économie capitaliste dont il a accouché est une économie de la domination […]. Nous ne sommes dès lors pas mystifiés par ces sociétés multinationales, ni par leur origines. Nous savons qu’elles viennent pour se saisir de nos ressources, pour détruire nos économies, pour nous voler notre commerce et nous commander. »

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Miguel Bénasayag, 2016

« Le passé n’est jamais fermé ; c’est un élément du présent en perpétuelle refondation, reproduction. Il y a un oubli bien caché par le devoir de mémoire. »

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